La grêve des mineurs britanniques de 1984-1985 fut un épisode important de l'histoire de l'industrie britannique, car son déroulement et son aboutissement modifièrent profondément la place des syndicats dans le paysage social et politique en Grande-Bretagne. La grêve marquait l'opposition du National Union of Mineworkers au projet du National Coal Board, soutenu par le gouvernement de Margaret Thatcher, de fermer 20 mines de charbon déficitaires.
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Margaret Thatcher et le "thatchérisme"
Margaret Thatcher fut premier ministre du Royaume-uni de 1979 à 1990. Attachée à ses convictions chrétiennes, conservatrices et libérales, invoquant la souveraineté britannique, la protection de l'intérêt de ses administrés et les principes de droit, elle mena une politique étrangère marquée par l'opposition à l'URSS, la promotion de l'atlantisme, la guerre des Malouines en 1982 ou la promotion d'une Europe libre-échangiste au sein de l'Union européenne. Sa politique économique, fortement influencée par les idées libérales, fut marquée par d'importantes privatisations, par la baisse de la pression fiscale, la maîtrise de l'inflation et du déficit et la fermeté face aux syndicats.
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Diffusion sur Channel 4 du poème V. en 1987
A l’occasion de la diffusion du poème sur Channel 4 en 1987 Tony Harrison fut vilipendé par la presse de droite. Pour la première fois un poète a fait la une du Daily Mail. De nombreux articles ont été écrits à propos de cette diffusion. Tony Harrison a alors été révélé au grand public grâce à ce poème qui a choqué une partie de l’Angleterre libérale. La polémique a fait grand bruit et Tony Harrison a été considéré par le Times comme le gangster de la poésie anglaise.
« Originaire tous les deux de la même ville industrielle de Leeds (jumelée avec Lille), et troublés par la politique d’un gouvernement Thatchérien ouvertement philistin et anti-culture, nous cherchions à déranger. Harrison écrivit un long poème intitulé V., en quelque sorte un cri-du-cœur pour les gens du Nord qui se trouvaient éternellement au chômage. Le fond du texte décrivait aussi la lutte amère dans les mines de charbon. Le poème fut vilipendé par la presse de droite pour son, soi-disant, grand nombre de jurons outranciers. Jamais aucun poète n’avait fait la une du Daily Mail, qui publia le décompte précis de tous les blasphèmes; cette mauvaise publicité assura donc un audimat faramineux le soir de sa diffusion sur Channel 4, la chaîne culturelle marginale.
Du jour au lendemain, Harrison devint le poète le plus médiatisé d’Angleterre ; bien que président de la Société des Classiques et expert en latin et grec, on attendait justement qu’il emploie des obscénités anglo-saxonnes. Je devins son imprimeur attitré. Au Théâtre National, j’exposai le fruit principal de notre collaboration, The Rhubarbarians, livre panoramique de quelques cinq mètres de long ».
Michaël Caine, typographe, imprimeur, éditeur.
